INSERM : “Le suicide est la deuxième cause de décès lié à la grossesse en France”

INSERM : “Le suicide est la deuxième cause de décès lié à la grossesse en France”

Résumé : en moyenne, une femme se suicide en France chaque mois dans le contexte de sa grossesse ou dans l’année suivant son accouchement. Le suicide est devenue la deuxième raison de la mortalité maternelle, représentant 13,4% des décès, dont 91,3% sont considérés comme évitables. C’est ce que révèle l’INSERM dans un rapport publié en janvier 2021.

50 à 100 femmes décèdent d’une cause liée à la grossesse chaque année en France, soit 1 tous les 4 jours en moyenne. C’est ce que révèle un rapport de l’INSERM analysant les chiffres de la période 2013-2015.

Sur cette période, le suicide est devenue la deuxième cause des décès maternels pendant la grossesse ou dans l’année suivant l’accouchement avec 35 décès comptabilisés, soit 13,4% des morts maternelles, ou un par mois. 91,3 % de ces morts ont été considérées comme évitables par le rapport de l’INSERM.

Les auteurs du rapport livrent les éléments du parcours de soin à améliorer au travers de 30 messages clés.

Des facteurs de risques marqués par les inégalités

Les résultats de l’enquête montrent qu’il existe de grandes disparités sociales et territoriales:

  • le contexte social : 26,5% des morts maternelles sont survenues chez des femmes présentant au moins un critère de vulnérabilité socio-économique ; cette proportion est d’environ 40% pour les femmes décédées de suicides ou de maladie cardiovasculaire.
  • le pays de naissance : être née hors de France est un facteur de risque reconnu de mortalité maternelle au cours de la période 2013-2015. La mortalité des femmes migrantes est plus élevée que celle des femmes nées en France, surmortalité particulièrement marquée pour les femmes nées en Afrique subsaharienne dont le risque est 2,5 fois celui des femmes nées en France.
  • le lieu de résidence : deux zones se distinguent par un niveau de mortalité maternelle (RMM) plus élevé, disparité déjà présente lors du précédent rapport : les DOM et l’Île-de-France. Les femmes résidant dans les DOM présentent un risque de mortalité maternelle multiplié par 4,0 par rapport à celles de métropole. En France métropolitaine, l’Île-de-France se distingue avec un RMM supérieur de 55% à celui de l’ensemble des autres régions.

Trente messages-clés pour améliorer les soins et éviter les décès

Le Comité d’experts a formulé 30 messages-clés à destination des professionnels de santé, mais aussi des femmes et de leur famille et des décideurs ciblant des éléments à améliorer, identifiés de façon récurrente dans le parcours des femmes décédées, dont on peut citer les plus généraux :

  • l’importance de l’examen médical non strictement obstétrical de la femme enceinte et la recherche d’antécédents psychiatriques et addictologiques, et d’une vulnérabilité sociale ;  
  • l’évaluation des risques de complications avant la conception et en début de grossesse qui doit permettre une planification de la prise en charge de la grossesse individualisée ;

De plus, le Comité recommande la réalisation d’examens post-mortem systématiques en cas de mort maternelle sans cause identifiée.

Pour accéder au rapport de l’INSERM, cliquez ici.

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